La RSE : un plaidoyer au cœur de l’activité de l’entreprise

Le travail a plusieurs façon de changer le monde. L’impact peut être au centre de la raison d’être d’une organisation, avec ou sans profit à la clé. Il peut également être diffusé dans la culture d’une entreprise, ou bien être intégré officiellement au sein d’un département spécifique, la RSE.

D’abord un petit rappel :

Aujourd’hui, l’implication sociétale des grands groupes fait presque figure d’acquis. Depuis 2002 toutes les entreprises du Cac40 sont dans l’obligation d’effectuer un reporting sur le développement durable (article 116 de la loi NRE). La loi Pacte (2019) est venue élargir cette implication à l’ensemble des entreprises qui n’ont pas — dans leur essence — une vocation à transformer ou protéger la planète. Intérêt client, valorisation de la marque employeur, meilleur engagement en interne, les avantages d’une politique RSE sont nombreux.
Ce qui est difficile à cerner, c’est si les initiatives sont inclues ou complètement séparées de l’activité du groupe au quotidien. Est-ce qu’un commercial d’une entreprise d’agro-alimentaire pense durable quand il travaille ? Est-ce que le département RSE fait figure d’un îlot séparé, que l’on n’invoquerait qu’au moment du reporting ?

On est allés interroger Claire Scwhartz, la responsable RSE de Chateauform’ (spécialisé dans l’organisation d’événements professionnels depuis 25 ans). Comme toute entreprise, Châteauform’ a un impact social, sociétal et environnemental. L’enjeu a donc été de les identifier et de prendre des engagements clairs en lien avec les parties prenantes et l’environnement.

Si le terme de « RSE » n’apparaît chez Châteauform’ qu’en 2018, les enjeux de responsabilité sont présents dans la culture de l’entreprise depuis ses débuts:

“Chateauform, c’est une entreprise humaniste —largement reconnue dans le secteur pour ses valeurs — très tournée vers la QVT (Qualité de Vie au Travail), l’entraide et l’esprit de famille.”

C’est pour appuyer cette culture, mais aussi renforcer l’engagement environnemental que Claire travaille au quotidien.

La dernière opération dont elle est particulièrement fière est un partenariat avec Business 4 Earth (dont nous avons rencontré le président, Nicolas Beretti, lors d’une interview)

“On va planter 7000 arbres — des mangroves plus précisément — en Indonésie: 7000 arbres pour les 7000 séminaires qui ont effectivement eu lieu chez Châteauform’ en 2020, et pour remercier nos clients. Dès que l’activité reprendra, pour chaque séminaire ou événement réalisé, on continuera à planter un arbre.”

Mais son action ne doit pas se limiter pas à des opérations isolées, elle doit faire intégrer le respect environnemental dans toute la chaîne de valeur pour éviter le greenwashing.

Ce qui nous a intrigués, c’est de savoir si son action était articulée ou non aux activités de ses collègues.

“Je suis amenée à parler à tout le monde. Je passe mon temps à convaincre: il faut en permanence essayer d’adapter le discours en fonction de ce que l’autre est prêt à entendre / ce qui l’intéresse. Aux commerciaux, je parle du bénéfice clients, aux RH je parle plutôt des bénéfices sociaux, aux responsables opérationnels j’appuie sur les bénéfices de leurs parties prenantes.”

C’est donc, pour Claire, un plaidoyer quasi-permanent. Le réseau est au cœur de son action car elle doit être au courant de chaque opération où elle peut faire figure de renfort, et faire comprendre aux collaborateurs qu’eux mêmes sont des acteurs de la responsabilité de leur entreprise.

On pourrait penser que, pour disposer de cette capacité à savoir parler à tout le monde, il faudrait disposer d’une formation généraliste.

Des gens qui vont se former sur cette forme de RSE, il y en a une quantité pléthorique et il vont coûter moins cher puisqu’ils sortent tout juste d’école.

Les responsables RSE qui capitalisent sur une de leurs compétences préexistantes, comme le digital par exemple, vont à la fois être plus rares sur le marché du travail et disposer de connaissances communes. Cela facilitera le dialogue et donc, la conviction.

Le bénéfice client est très présent et, pour Claire, il ne faut pas voir cela sous un œil cynique:

“C’est l’enjeu de la plupart des boîtes. Il faut pas être déçu de se dire que ce n’est pas par conviction profonde. Souvent c’est parce que le client l’a demandé qu’on le fait. Mais après, charge au responsable RSE de faire venir la chose comme une évidence en s’appuyant sur la bonne personne. Il est vrai que chez Châteauform’ le terreau d’entreprise humaniste est très fertile pour cela, mais on peut trouver de très bonnes volontés dans toutes les entreprises.”

C’est, pour quelqu’un qui a de vrais idéaux, une porte d’entrée qu’il ne faut pas négliger pour que les enjeux infusent, et que les mentalités changent. La personne en charge de la RSE fait donc beaucoup plus que porter des projets vertueux. Elle effectue un travail de fond pour, à partir de la culture d’une entreprise, faire émerger de nouveaux schémas de pensée qui prennent en compte l’environnement à chaque action.

Recruzilla, la communauté qui travaille à déchauffer la planète.

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